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Le: 17-11-11
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Il ne faut plus prescrire d’antibiotique en cas de rhinopharyngite ou d’angine sans TDR

Motivées par les dernières données de l'antibiorésistance et de la prescription d'antiobiotiques en France, de nouvelles recommandations de bonne pratique sur le traitement des infections ORL seront publiées par l’Afssaps dans les prochaines semaines. Entretien avec le Dr Robert Cohen, pédiatre-infectiologue au CHI de Créteil.

Quelles sont les nouvelles données de l’antibiorésistance en France ?

Nous observons aujourd’hui une augmentation extrêmement inquiétante de la résistance de certains germes à tous les antibiotiques, aussi bien à l’hôpital qu’en ambulatoire. Le germe le plus préoccupant est Escherichia coli, à cause de la sélection de souches (productrices de BLSE) devenues résistantes à l’ensemble des céphalosporines et des pénicillines, aux aminosides, au cotrimoxazole (Bactrim) et aux quinolones. En médecine de ville, le pourcentage de souches résistantes à toutes les pénicillines et céphalosporines de cette bactérie est déjà de 5% ! C’est ce que révèle l’étude ACTIV, réalisée d’octobre 2010 à mars 2011 auprès de 18 pédiatres libéraux et de 411 nourrissons jamais hospitalisés : 4,9% d’entre eux étaient porteurs sains d’une souche d’E. coli productrice de BLSE. Selon cette étude, le traitement par une céphalosporine dans les trois mois précédents multipliait par 3,5 le risque de portage d’une souche multirésistante. Plus généralement, il a été montré que l’utilisation des céphalosporines et des quinolones favorise considérablement l’antibiorésistance, puisqu’elle multiplie par 3 à 10 le portage de souches multirésistantes. Les deux premiers Plans antibiotiques n’ont-ils pas eu d’effet favorable ? Si, puisque la consommation d’antibiotiques a globalement baissé de 15% à 20% depuis les années 2000. De plus, l’antibiorésistance du pneumocoque a diminué, grâce à la vaccination par Prevenar et à une meilleure utilisation des antibiotiques contre ces infections. De même, le taux d’Haemophilus influenzae résistants (producteurs de bêta-lactamases) a également diminué. Mais globalement, la France reste un des pays les plus consommateurs d’antibiotiques : sa consommation est supérieure de 30% à la moyenne européenne. Seule la Grèce consomme plus d’antibiotiques que nous, par rapport au nombre d’habitants. La France est au même niveau de consommation que l’Italie, l’Espagne ou le Portugal. Il faut donc continuer à baisser notre consommation globale d’antibiotiques, et encore plus celle de céphalosporines et de quinolones. D’où les nouvelles recommandations de bonne pratique sur le traitement des infections ORL de l’enfant et de l’adulte, qui seront publiées par l’Afssaps dans les prochaines semaines… Ces recommandations insisteront sur le fait qu’il ne faut plus prescrire d’antibiotiques dans certaines situations. Elles soulignerons qu’il n’est plus acceptable - de prescrire une antibiothérapie en cas de rhinopharyngite, mais aussi en cas d’angine quand le TDR n’est pas positif ou quand il n’a pas été réalisé. Le second message important est que les céphalosporines et les quinolones n’ont plus aucune place en première intention, sauf en cas d’allergie avérée aux pénicillines sans allergie croisée aux céphalosporines.

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