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Le: 05-12-12
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Diabète gestationnel : une étude française plaide pour un dépistage universel.

 

Un dépistage sélectif du diabète gestationnel chez des femmes à risque manque un tiers des cas, selon une étude française menée à l'hôpital Jean Verdier (Bondy, Seine-Saint-Denis), publiée on line dans Diabetes Care. Les auteurs plaident pour le dépistage chez toutes les femmes enceintes.

 

En France, le dépistage du diabète gestationnel suit un mode sélectif. Il s'adresse aux femmes ayant un indice de masse corporelle (IMC) ≥ 25 kg/m2, un âge ≥ 35 ans, des antécédents familiaux de diabète, des antécédents personnels de diabète gestationnel ou ayant donné naissance à un enfant macrosome. Certains établissements le font de manière systématique.

 

De 2002 à 2010, l'équipe de la maternité de l'hôpital Jean Verdier a réalisé un dépistage universel du diabète gestationnel.

 

Rendre le dépistage universel ? Revoir les facteurs de risque ?

Cette étude confirme que le dépistage sélectif pratiqué en France permet de sélectionner les patientes à haut risque de diabète gestationnel et celles qui présenteront le plus e complications associées au diabète gestationnel.

 

Mais les auteurs jugent ces facteurs diagnostiques et pronostiques « inappropriés » puisqu'ils passent à côté de 34,7% de femmes atteintes de diabète gestationnel malgré l'absence de facteur de risque. Pourtant traitées, ces femmes ont présenté davantage d'événements liés au diabète gestationnel que les femmes non diabétiques. « [Elles] auraient peut-être développé davantage de complications si elles n'avaient été ni diagnostiquées, ni traitées ».

 

Les auteurs plaident donc pour l'adoption d'un dépistage universel. A défaut, ils proposent de revoir les critères de risque. Ils suggèrent de prendre en compte l'origine ethnique. Comparées aux femmes d'origine européenne, les femmes originaires d'Afrique du Nord, du Pakistan, d'Inde ou du Sri Lanka sont apparues plus à risque de diabète gestationnel. Et ils préconisent de revoir à la baisse les seuils de risque pour l'âge et l'IMC.

 

Dans le détail de l’étude…

Le test était proposé dès la 15ème semaine de grossesse aux femmes les plus à risque (antécédents familiaux de diabète, antécédents personnels d'intolérance au glucose ou de diabète gestationnel, IMC pré-gravidique > 27 kg/m2, hypertension, âge > 35 ans, antécédents de grossesse avec pré-éclampsie, macrosomie, malformation ou mort intra-utérine, ou poids foetal estimé à l'échographie du premier trimestre > 90ème percentile). Aux autres femmes, le test était proposé entre la 24ème et la 28ème semaine de grossesse.

 

L’équipe de Bondy a analysé les données de 18 775 femmes enceintes, connaissant leur statut pour les cinq facteurs de risque de diabète gestationnel. Les critères diagnostiques étaient ceux qui prévalaient avant 2010 : glycémie à jeun ≥ 0,95 g/l (5,3 mmol/l) et/ou glycémie 2h post-charge (75 g) de glucose ≥ 1,4 g/l (7,8 mmol/l).

 

L’obésité en cause dans la moitié des diabètes gestationnels

Plus de la moitié (58,5%) des femmes présentaient au moins un facteur de risque et ces femmes représentaient 65,3% des cas dépistés de diabète gestationnel. Cette prévalence élevée s'explique en partie par les caractéristiques de la population, multi-ethnique et de bas niveau socio-économique.

 

Entre 2002 et 2010, le taux de femmes présentant au moins un facteur de risque a augmenté de 10 points, passant de 51,7% à 61,5%, sans hausse concomitante de la prévalence du diabète gestationnel (14,4%).

 

Le principal facteur de risque en hausse était l'obésité. Sa prévalence est passée de 30,8% en 2002 à 37,6% en 2010. Elle serait en cause dans la moitié des cas de diabète gestationnel.

 

Selon les auteurs, « le nombre de facteurs de risque semble important à prendre en compte, puisque l'incidence de diabète gestationnel est particulièrement élevée à partir de quatre facteurs présents ». Mais « cela ne concerne que les femmes multipares puisque deux facteurs dépendent d'une précédente grossesse (antécédents de diabète gestationnel et d'enfant macrosome) ».

 

Des complications même chez les femmes non à risque

Présenter au moins l'un des facteurs de risque était également associé au risque de complications liées au diabète gestationnel ; pré-éclampsie, gros poids de naissance, dystocie des épaules.

 

Mais un risque d'événements existait même chez les femmes diagnostiquées d'un diabète gestationnel alors qu'elles ne présentaient pas les facteurs de risque considérés.

 

La fréquence de ces événements atteignait 8,8% en l'absence de diabète gestationnel et de facteurs de risque, 11,1% en l'absence de diabète gestationnel mais en présence d'un facteur de risque, 16,7% en présence d'un diabète gestationnel et en l'absence de facteurs de risque et 18,2% en présence des deux.

 

La fréquence des hospitalisations atteignait 24,9% en l'absence de diabète ou de facteur de risque, 26,8% en présence de facteur de risque mais sans diabète, 32,4% avec un diabète mais sans facteur de risque et 34% en présence des deux.

 

Florence ROSIER avec APM

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